À la tête de la toute jeune Fondation Marion de Champ, créée en juin dernier, Tess de Castilla s’engage dans une entreprise aussi ambitieuse que nécessaire : redonner à une artiste cosmopolite du XXᵉ siècle la place qui lui revient dans la cartographie des modernités. Historienne de l’art et spécialiste de l’art moderne, elle incarne cette génération de chercheuses déterminées à revaloriser les artistes femmes longtemps reléguées au second plan d’un récit dominé par les figures masculines. Avec Marion de Champ, née à Héliopolis en 1914 et formée à l’École des Beaux-Arts de Paris, c’est un pan entier des modernités méditerranéennes qui retrouve aujourd’hui un nouveau souffle.
Peintre voyageuse passée par Le Caire, Beyrouth, Alexandrie et Paris, Marion de Champ se nourrit de l’effervescence artistique du Moyen-Orient et de la capitale française. Élève de Germaine Richier, membre active de l’Atelier du Caire jusqu’en 1951, elle élabore un langage plastique singulier, entre clarté méditerranéenne et construction occidentale. Son œuvre, rare et poétique, avait pourtant glissé dans une relative invisibilité, dispersée entre collections privées et archives familiales. D’où l’importance du travail engagé aujourd’hui : « La redécouverte de Marion de Champ, explique Tess de Castilla, est un devoir de mémoire et de transmission. Replacer son œuvre parmi ses pairs, notamment l’école du Caire. »
Sous l’impulsion de sa présidente, la Fondation réunit un comité d’experts et de membres de la famille — dont Alyette Deleplanque, nièce de l’artiste — pour authentifier, documenter et contextualiser chaque œuvre retrouvée. L’objectif est double : publier le premier catalogue raisonné de l’artiste et proposer en 2028 la grande rétrospective qui lui a toujours manqué. Car la démarche dépasse la simple réhabilitation : elle vise à réinscrire Marion de Champ dans le paysage des modernités, aux côtés d’artistes comme Germaine Richier, Leonor Fini, Inji Aflatoun ou Marguerite Nakhla, elles aussi au cœur d’un mouvement de redécouverte.
Installée à Yerres, en Essonne, la Fondation s’attache aujourd’hui à numériser archives, correspondances et carnets, tout en lançant un appel aux collectionneurs, passionnés et mécènes. Toute personne possédant une œuvre, notamment de la période 1935–1955, est invitée à la signaler afin de l’intégrer au corpus en cours de reconstitution. Ce soutien est crucial pour mener à bien le catalogue raisonné et préparer la rétrospective annoncée pour 2028 — un rendez-vous très attendu, qui devrait révéler l’audace picturale saluée dès 1950 par La Femme Nouvelle pour ses « stylisations proches de l’abstraction » et ses coloris « suraigus ».
Avec la Fondation Marion de Champ, Tess de Castilla fait plus qu’exhumer une œuvre : elle répare une histoire restée incomplète.
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Mail : art@tessdecastilla.com
Sites officiels : www.mariondechamp.fr www.tessdecastilla.com

